www.cstrecords.com

THE SILVER MT ZION MEMORIAL ORCHESTRA & TRALALA BAND… "This is our punk-rock…"
(Constellation – 4 titres)
Avec ce troisième album, A Silver Mt Zion surprend son public tout en gardant une continuité avec ses précédents travaux. En effet, si les groupes du label Québécois Constellation (GSYBE!, Do Make Say Think, Hanged Up, etc.), à de rares exceptions près, étaient connus pour leurs œuvres instrumentales, A Silver Mt Zion montre sa constante (r)évolution en laissant une place non négligeable au chant sur cet album. C'est ainsi qu'on se met à penser, sur le premier morceau, au "Koyaanisqatsi" de Philippe Glass, pour cette utilisation quasi-instrumentale de la voix. Elle se marie subtilement aux longs passages instrumentaux typiques de ces cousins germains de Godspeed You, dont on rappelle la présence de certains membres. La première pièce devient un des moments forts du disque ; superbe. La seconde débute sur un travail plus ambient, moins évident, avec une approche plus bruitiste. Là encore, le travail de voix, différent du premier titre, prend une importance non négligeable. Comme un appel, il ramène la musique à une attache très urbaine. Efrim n'est pas ce qu'on appelle un grand chanteur, mais il arrive, grâce à une originalité indéniable et une présence émotionnelle intense à ajouter une nouvelle dimension à la musique de son groupe. Cet album devient ainsi l'œuvre la plus vivante des Québécois. La force des cordes, marié aux voix souvent à la limite de la justesse, prennent une ampleur qu'on n'imaginait guère autrefois. Sur la troisième pièce, c'est l'ombre d'un Black Heart Procession à laquelle le chant écorché, la beauté de la guitare et la mélancolie du violon nous renvoie. Et quand les instruments se décident à reprendre le devant, avec une ampleur digne des montées de Godspeed You Black Emperor, l'auditeur ne peut que succomber, sans aucune résistance. Il n'y a que sur le début du dernier morceau que le chant dépasse les limites en devenant pour certains véritablement agaçant… Mais cela ne dure guère et la force instrumentale du groupe reprend rapidement le dessus pour laisser le dernier mot… au chant ! La boucle est bouclée ! Avec cet album, A Silver Mt Zion ne serait-il pas en train de devenir l'un des groupes les plus intéressant du label ? Passant de rejetons de Godspeed à véritables maîtres, et volant par la même occasion la vedette à ces GSYBE qui semblent pour le coup oublier de se renouveler ! Une chose est sûre, ce disque s'impose comme la dernière grande surprise du label Constellation.
[mg]

>> Voir aussi : GSYBE!, Black Heart Procession, Sigur Ros

 

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THE VON BONDIES "Raw and Rare"
(Dim Mak – 15 titres)
Ce disque réunit en réalité derrière ce "raw and rare" deux concerts enregistrés pour la BBC. Et quels concerts ! Le rock gras des Von Bondies, à mi-chemin entre la profondeur poisseuse du blues et le rock sauvage des débuts du punk, prend toute son ampleur sur scène. Sans révolutionner le style, les Von Bondies recréent l'ambiance moite du rock sauvage de nos aïeux, loin des grosses distorsions et des rythmes trop violents ; leur rock primitif s'acoquine avec le diable comme le faisait le vieux blues (influence évidente), les mélodies sentent une sueur que n'auraient pas renier les groupes rock de la fin des années 60 (même si le son est bien plus moderne), tandis que l'apprêté de leur approche renvoie aux premiers combos punk US des années 70. Un vrai moment de rock, sans artifice. Et pour ceux que le simple mot "live" fait trembler, nous ne pouvons que saluer la qualité du son (merci la BBC), en dehors des deux bonus de fin de disque, et l'impeccable prestation du groupe. Comment résister à des bombes telles que "Lack of Communication", "Please, Please, Man", "It Came From Japan" ou "Nite Train" ? Ces titres sonnent déjà comme des hymnes. Vraiment, ce live s'écoute comme un bon album, qui pour une fois n'aurait pas perdue son énergie dans les vestiaires du studio d'enregistrement… À noter aussi, pour ceux qui ne connaîtraient pas le groupe, que le mélange entre le chant masculin (proche du Gun Club)et les chœurs féminins, ou à de rares fois l'inverse, est très plaisant. Encore un concert auquel nous aurions aimé assister. Hey, qui a osé dire que Von Bondies était la version rock et sauvage des Whites Stripes ? Non mais…
[mg]

>> Voir aussi : Soledad Brothers, The Fleshtones, The Saints, Pearlene, Gun Club

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ep disponible sur notre mailorder

www.seanews.fr.st

SEANEWS / UNLOGISTIC "Love Glory and Beauty"
(Rejuvenation / Happy Dick Milk – 4 titres)
Après une démo prometteuse, qui nous avait présenté l'emo punk stylé de Seanews, le quatuor parisien revient en pleine forme, aux côtés des furieux Unlogistic, pour un split qui risque de faire parler de lui. Ça débute sur les chapeaux de roues avec un "Pass The Way" en voie de devenir un tube dans les milieux autorisés. Seanews a ajouté une bonne dose de punk-rock'n'roll à son emo Fugazien, du coup le mélodique "Pass the Way" se détache des premières influences pour aller vers quelques chose de plus brut. J'apprécie particulièrement la fin du morceau avec son mélange de voix répétitives et hurlées. Le second titre revient à l'influence Fugazi du début, avec des guitares étrangement dissonantes, et un chant à la Picciotto, bien agréable. C'est un sans faute. Un peu de Fugazi, beaucoup de punk-rock, quelques gorgées de rock'n'roll ("yeah yeah yeah" à l'appui) et un petit quelque chose de Three Penny Opera pour deux titres qui présentent un peu mieux le savoir faire de ces parisiens. Changement de face (passage en vitesse 45t.) pour écouter les deux merveilles d'Unlogistic. Boite à rythme speed, cris et guitares saturées… Hardcore sauce Unlo. Puis le groupe nous surprend avec le passage quasi pop de "Not Like You". Le chant s'envole avec cette superbe voix féminine qui rappelle étrangement Monochrome… La boîte à rythme devient dansante. Unlo fait dans la dentelle… Le contraste tue sur place. Puis les opposées se mélangent, les guitares reviennent, les chants masculins aussi… la fin lorgne entre noise et emo… Impossible de résister. Vous n'êtes pas au bout de vos surprises. Le deuxième titre reprend sur les chapeaux de roues avec un hardcore electro survitaminé, tendance Atari Teenage Riot, pour à son tour tombé sur un plan plus mélodique… Les frissons vous partent du bas de la colonne pour remonter doucement vers la nuque. C'est déjà fini. Deux tubes à vous chier dessus. Indispensable.
[mg]

 

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www.wevsdeath.tk

www.tomsweetlove.be

WE VS DEATH / TOM SWEETLOVE "The message is …"
(zabel muziek / matamore – 8 titres)
Avec une pochette basée sur un concept dans lequel le mot s'efface, ne devenant qu'une couleur, la musique de ces deux groupes se devait d'être instrumentale. We vs death accueille l'auditeur dans son univers chaud et mélancolique, avec ses rebondissements rythmiques et ses guitares volatiles. La découverte est surprenante. Le groupe arrive à insuffler à ses morceaux un groove chaleureux qui tire son post-rock vers le haut… Avec leurs faux airs de rock jazzy, les premiers morceaux développent une belle dynamique qui évite soigneusement le contemplatif. "My Dog is Watching Me", avec ses titillements de guitare et ses passages noise est une vraie réussite. La trompette, superbe, donne, quant à elle, ses lettres de noblesse au groupe. Discrète mais efficace, elle n'apparaît que pour ajouter une ambiance sans jamais ne devenir insistante et lassante. Les troisième et quatrième morceaux reviennent à quelque chose de plus claire, et plus posé. L'ambiance devient maîtresse, et les instrumentaux dérivent vers le joliment mélancolique. Tout aussi touchants que les deux premiers morceaux, ceux-ci abandonnent la danse et la dynamique pour offrir à l'auditeur de jolies images, plus abstraites, et une prise émotionnelle forte, notamment sur la montée réussie de "Wave goodbye with your little hand". C'est ensuite au tour des Belges de Tom Sweetlove d'assurer la difficile suite. Si leur musique semble débuter moins facilement sur une longue introduction monotone, ils reprennent rapidement les choses en main avec un "Xanax Tobin" très agréable. J'apprécie d'ailleurs le nom du morceau, comme le suivant : "No future (for Joey Ramone)", joli clin d'œil pour un groupe post-rock… Je trouve cependant leur démarche plus classique, même si le résultat fonctionne, avec de belles ambiances, et de jolies sonorités. On sent que le groupe a écouté Tortoise, époque "TNT", voire Labradford, tant ces quatre titres, sans être des plagiats, s'inscrivent dans une logique commune. Il manque cependant souvent le petit thème de guitare ou l'instrument charismatique pour faire définitivement décoller les titres… Au lieu de cela, chaque morceau se restreint à développer de belles ambiances, tout à fait convaincantes, sans chercher à aller plus loin. Dommage, car ces quatre titres, malgré une atmosphère envoûtante, auraient pu dépasser ce stade maintenant trop éculé…
Au final, ce split cd vous fera découvrir deux éléments méconnus d'une scène post-rock européenne qui sait encore être créative et touchante. Et les amateurs ne pouvant pas passer à côté d'un groupe comme We vs Death, je vous conseille de soutenir cette initiative…
[mg]

>> Voir aussi : Tortoise, Godspeed You Black Emperor, Labradford

 

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www.christiansenonline.com

CHRISTIANSEN "Stylish Nihilists"
(Revelation – 11 titres)
Hey, les petits gars s'en sortent pas mal ! Pas question de faire dans la finesse, son énorme, bio provocante, énergie tapageuse, et pourtant, leur post-hardcore fait son effet… On sentait déjà l'influence sur leur précédent opus, c'est aujourd'hui une évidence, Christiansen essaient de reprendre la place laissée vacante par At The Drive In, certes en moins compliqué et plus direct, mais tout de même, certains titres ressemblent un peu trop aux texans ("A considerable new message"). Le mélange entre cette approche hardcore puissante, ces montées émotionnelles, et ces ouvertures rythmiques plus compliquées sont typiques. Restant pourtant clairement post-hardcore, le groupe ne s'interdit pas quelques poussées vocales ou quelques folies de guitares, et c'est ce qui le rend intéressant. Attention, tout de même, le groupe ne fait vraiment pas dans la dentelle, avec cette production énorme de Sal Villanueva (Thursday), il flirte parfois avec Quicksand, en plus mélodique, et ne semble pas prêt de baisser les amplis. J'éviterai de parler du dernier titre qui tend vers le heavy FM et qui ne peut que décevoir pour une clôture. Voici un album solide et imposant, mais sans doute trop compacte et pas assez fragile ni assez original pour certains… En attendant, ceux qui apprécient les grosses productions, efficaces et puissantes, sans se poser de questions, risquent de succomber.
[mg]

>> Voir aussi : At The Drive In, Quicksand, Sparta

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POLMO POLPO "Like Hearts Swelling"
(5 titres - Constellation)
Depuis le temps, on s'est rendu compte que le label canadien Constellation s'était quelque peu spécialisé dans l'ambient. Polmo Polpo, leur nouvelle signature, ne déroge pas à la règle. Mais ce qu'on aime avec l'ambient, c'est quand il est 'epic', que l'on y sent une tension prête à exploser, une force prête à déborder. C'est la raison pour laquelle on aime Godspeed You Black Emperor. Mais avec Polmo Polpo, point d'épique. Que de l'ambient avec boucles électros, motifs répétitifs de guitare slide, léger battement ou tambourin en guise de rythmique et il faut bien l'avouer une certaine monotonie malgré une sensibilité intéressante. J'espère me tromper, mais j'ai l'impression que ce label souvent original et inspiré est en train de s'enfermer dans le genre qu'il a contribué à faire découvrir...
[sullivan]

>> Voir aussi : les autres sorties Constellation

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PARANOID "let's go"
(autoproduction – 9 titres)
Ce jeune groupe de banlieue parisienne ne cache en rien ses intentions… Du titre de la démo à son propre nom, personne ne sera trompé ! Quoique l'affiliation à Black Sabbath (dont "Paranoïd" demeure l'un des plus grands tubes) n'est pas évidente… Cela n'empêche en rien le groupe de clôturer son CD sur une reprise bien marrante de la bande à Ozzy. Par contre, à l'écoute d'un titre comme "Enigmatic", l'envie de faire renaître le spectre des Ramones est plus qu'évidente. Pas un hasard non plus si les bougres reprennent "Pet Sematary" des New-Yorkais. Ensuite, en sortant un peu des chemins balisés par les titres des morceaux, on découvre une autre approche. Car avant tout, cette démo, créée dans l'urgence, respire la culture punk-hardcore américaine. "Sad Old Story", "Ramones in Peace" ou "Let's Go" sont de véritables bombes early-hardcore. Le niveau technique, principalement de la batterie, qu'il aurait été préférable de mixer plus en arrière, est vraiment limite, et les plantes sont nombreuses, mais l'ensemble passe étrangement bien. Le chant et la guitare, sur qui tiennent les compos, occupent leur rôle et renvoient directement aux groupes US des années 80. Et c'est étrange, mais si on oublie un peu la batterie qui peut rapidement faire décrocher, on se met à retrouver nos vieux réflexes ; on rentre tête baissée dans les mélodies vocales et les décibels de la guitare. C'est brut et basique, sans prétention, mais le trio arrive à nous pondre des putains de plans qui laisse espérer de bonnes choses pour le future… Sur "Trouble", la guitare semble même avoir été faire un stage chez les Dead Kennedy's ! Allez, un peu de boulot pour le batteur, et je suis sûr que le groupe reviendra avec une production punk-hardcore old-school comme nous n'en entendons plus depuis longtemps…
[mg]

>> Voir aussi : Ramones, Dead Kennedy's, Spermbirds

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www.collectif-effervescence.fr.st

V/A "Effervescence Manifeste"
(Effervescence – 20 titres)
Voici donc la vitrine du collectif Effervescence. Pas moins de 20 groupes sont réunis ici afin de dévoiler l'esprit du regroupement. Réunis par une même recherche artistique, les groupes explorent différentes voix pour des résultats allant de l'electronica à la pop atmosphérique, en passant par le rock angulaire ou le postrock. Malheureusement, si tous s'appliquent à offrir des morceaux parfaitement exécutés, ils ne possèdent pas tous la même inspiration. Je n'ai pas noté de réels faux-pas, les différents groupes du collectif possèdent une sensibilité commune (malgré leur différence de style) qui donne une bonne homogénéité à l'ensemble ; clairement affilié à la scène postrock, ce collectif prouve à travers cette compilation son savoir-faire, sa volonté et son bon goût. Maintenant, comme dans toutes compilations aussi homogène soit-elle, certains sortent du lot quand d'autres s'effacent. On retiendra notamment, selon nos goûts, la pop mélancolique de Belone (ex-Margo), très touchante, celle, dissonante et féminine de Mansfield TYA, le rock angulaire et répétitif d'Arsenal (le projet du batteur de Chevreuil), ou les math-rockeux de Room 204, même si nous préfèrons leur split avec Chevreuil. Les autres sont bons aussi, mais certains manquent cruellement d'inspiration, on ne les citera pas. Pour info, on retrouve aussi Modul, Seymour, Colegram, Ollissipona, ok suitcase, etc.
[mg]

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Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
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