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TANG
"This quietness booms about on the walls like birds in panic"
(Emolution 8 titres)
Après les échos flatteurs qu'avait reçus leur démo,
ce premier album de Tang suscitait obligatoirement chez nous une curiosité
importante. Et les espoirs que beaucoup mettaient en eux ne seront, après
écoute, certainement pas déçus : Tang prend directement
le haut du pavé d'une scène emo-noise qui commençait
à s'essouffler. Le groupe ne choisit pas pour cela d'innover, et
c'est là notre plus grand regret, mais simplement d'exploiter à
nouveau une formule qui a fait ses preuves, et le faire avec talent. Tout
au long de cet album, le groupe alterne des passages clairs et posés,
avec de belles guitares, et des déferlantes de décibels
plus noise. Le travail d'arpège des guitares est souvent excellent
(le début de 'She died in june", celui de "Vegas of fears",
etc.). L'instrumental "Tour de force", basé sur une dualité
poussée, représente merveilleusement cette alternance. Même
principe aux niveaux des voix qui s'entrechoquent entre parties chantées
et cris saturés. La voix saturée me gêne terriblement,
pas vraiment pour sa colère mais tout simplement à cause
de l'effet de saturation que je trouve très mal choisi (trop froid,
trop numérique). Pour le reste, Tang déploie une grande
aisance, un talent indéniable, et une bonne production pour imposer
d'emblée son style. Du coup l'intensité du disque atteint
un niveau troublant, et place ce premier album au-dessus de ceux de la
plupart de ses confrères. Bref, un disque très réussi
même si je persiste à croire que le groupe pourrait aller
encore plus loin en oubliant certaines habitudes prises par ses aïeux.
La force de leurs parties calmes, par exemple, me semble plus impressionnante
que leurs explosions, elles aussi réussies mais souvent plus classiques
En attendant, Tang devient le poulain à suivre pour tous les amateurs
du style, en manque depuis quelques longues années.
[mg]
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Voir aussi : Native Nod, Pregnant
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THIS
BRIGHT APOCALYPSE "Motion and Rest"
(54°40 or Fight! 10 titres)
Formé en 1996, ce groupe du Wisconsin sort aujourd'hui son premier
album officiel sur le très prolifique label 54°40 or Fight,
après un album CD-R en 1999. Et dès le premier titre, on
comprend que Bright Apocalypse joue avec les mélodies comme peu
savent le faire. Le travail des guitares ou la batterie poly-rythmique
cache bien un univers complexe, avec une approche mathrock / rock progressif,
mais l'approche mélodique des voix, superbement touchante, et la
trame pop des morceaux rendent définitivement la musique de ce
groupe terriblement craquante. Et comment résister à ce
groove captivant que le groupe arrive à insuffler à ces
morceaux quand d'autres conceptualisent à outrance ? Peu importe,
avec ce "Motion and Rest", TBA réunit la finesse de composition,
l'ouverture sur le monde (avec de beaux passages aux percus africaines
et asiatiques), la douceur, la liberté des groupes noise (ce qu'il
est avant tout), un excellent travail vocal, et l'émotivité
nécessaire à un bon album. Bref, voici un groupe rock qui
ne s'enferme pas dans les préceptes dépassés du style
dans lequel il évolue
Et cela ne peut que me toucher !
[mg]
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Voir aussi : Faraquet, Hero of a Hundred Fights
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SETTLEFISH
"dance a while, upset"
(deep elm 10 titres)
J'ai découvert Settlefish lors de leur rapide passage en France,
il y a quelques mois. Je ne connaissais rien d'eux, si ce n'est qu'ils
venaient de Bologne, Italie, et qu'ils allaient sortir leur premier album
chez Deep Elm. Je me souviens avoir été impressionné
par la mise en place de leurs morceaux et la finesse de leurs émotions,
et je me demandais ce que cela donnerait sur album. Avec l'arrivée
de "Dance a while, upset", je peux enfin me faire une opinion.
Et ce qui m'avait marqué en concert est bel et bien capturé
sur ce disque. Une sensibilité fine et touchante qui virevolte
entre une énergie noise dans les envolées, une émotivité
à la Fugazi, des douceurs indie-pop plus qu'agréables, une
technique idéale, des nuances subtiles et un touché unique
teinté d'un lyrisme attachant. La voix, mise en avant, passe beaucoup
d'émotion et donne une personnalité unique au groupe, même
si certains risquent d'être déstabilisé par son approche
particulière. Et si l'album manque peut-être parfois de solidité,
la sensibilité à fleur de peau rattrape les quelques manques
décelés ici ou là. Les guitares, cristallines à
souhait, sont très fines, la basse soutient avec une grande habileté
les ambiances, surtout dans les passages doux, et la batterie retient
le tout avec délicatesse. Sans doute trop technique pour les amateurs
de punk-rock et trop explosif pour les amateurs d'indie-pop, Settlefish
devrait trouver son public grâce à une esthétique
et une sensibilité assez rare dans ce style (malgré ce qu'on
entend partout).
[mg]
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Voir aussi : Fugazi, Plan for a Treacle IO, Karate, Isplidamour
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THE
LAWRENCE ARMS "The Greatest Story Ever Told"
(Fat Wreck Chords-14 titres)
Je dois bien l'avouer, ça faisait longtemps que je ne m'étais
pas intéressé au label californien Fat Wreck, en fait, il
serait même plus juste de dire que je ne m'y suis jamais vraiment
intéressé ! Le clonage, c'est pas trop mon truc et que ce
soit du clonage de hardcore mélodique ne change pas grand-chose.
Mais là, le label de Fat Mike remonte dans mon estime. Tout cela
grâce à The Lawrence Arms ! Qui propose un punk-rock mélodique
bien senti et fort efficace. Mais ne nous enflammons pas trop, qui manque
tout de même d'originalité, il faut le dire. Alors pourquoi
ce début de chronique si euphorique allez-vous me demander ? Je
vous répondrai que je suis en manque de Jawbreaker. Mais il faut
me comprendre, il y a de quoi ! Déjà huit ans que ce bijou
de "Dear You" est sorti et puis plus rien
Alors, oui,
c'est vrai, même si la musique de The Lawrence Arms est très
influencée par Jawbreaker, ça fait quand même du bien.
Ne boudons donc pas trop notre plaisir !
[sullivan]
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Voir aussi : Jawbreaker
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SIBYL
VANE "Prêt à porter"
(autoproduction 5 titres)
Dissimulé derrière un nom emprunté à une BD
d'Enki Bilal, Sibil Vane risque de ne pas rester inconnu bien longtemps.
Le groupe sort aujourd'hui officiellement son 5 titres "prêt
à porter", déjà publié en CD-R l'année
dernière. C'est à cette occasion que nous découvrons
un quatuor (accompagné d'une personne à la vidéo)
intéressant qui joue les équilibristes entre une pop recherchée,
un post-rock rythmé, et des déviances electro sobres mais
agréables. C'est d'ailleurs sur un instrumental de clavecin electro
que s'ouvre cette reflexion sur "la dictature de la beauté".
Le morceau est un peu long, mais l'entrée est réussie. La
suite montre avec un très bon "Disligado" que la base
de leur culture reste bel et bien rock. On est téléporté,
avec grand plaisir, directement entre Chicago et New York. On peut même
déceler la voix de Lydia Lunch sur la fin bruitiste du morceau.
Sibyl Vane évolue dans une pop expérimentale défrichée
par des groupes comme Radiohead ou A Certain Ratio, même si la mise
en pratique reste différente. Une pop ouverte sur les ambiances
étranges et la poésie mélancolique. Un équilibre
précaire entre ouverture grand public et spécialisation
élitiste. Et si tout n'est pas parfait (on regrettera un peu la
longueur de certains morceaux), le mélange donne un résultat
plutôt stable qui nous fait découvrir un groupe créatif
et élégant. Deux qualités suffisamment rares pour
être remarquées.
[mg]
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Voir aussi : A Certain Ratio, Tortoise, Purr, Blonde Redhead, Sonic Youth,
Salaryman (pour "Your Weight")
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STRIKE
ANYWHERE "Exit English"
(Jade Tree-12 titres)
Il lui a fallu quelque temps pour digérer sa période émo
(qui, après des débuts excitants s'est malheureusement auto-parodié)
mais le rock indé américain semble bel et bien être
en train de se renouveler. Et Strike Anywhere en est l'un des signes.
Et ce "Exit English" avec. L'album tient sa réussite
de sa capacité à faire des compromis et à tirer les
leçons du passé. Refusant l'attaque frontale, Strike Anywhere
préfère proposer un punk-rock aux aspects variés.
Il peut être touchant et mélodique, façon Samiam,
avec un chant qui garde alors des traces émo, mais sait aussi se
faire plus brut, à la Pennywise avec chant rauque à la Hot
Water Music (c'est pratiquement une marque déposée maintenant...)
et churs old school virils à l'arrière. Vous l'aurez
compris, Strike Anywhere s'inscrit dans la lignée des grands frères
mais le fait avec sincérité. Un album intelligent.
[sullivan]
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Voir aussi : Pennywise, Samiam
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Sonic
Mook Experiment "Hot Shit"
(Blast First- 24 titres)
Cette compile propose un panorama assez complet de la nouvelle scène
punk- disco qui monte. La démarche de ces groupes est relativement
simple : continuer à faire la musique qu'ils aiment : du punk-rock,
souvent, tout en essayant d'y réintroduire un côté
festif et en faisant danser les gens. A cet égard, le titre du
tube de Radio 4 est une véritable déclaration d'intention
: "Dance To The Underground". Tout est dit! Les basses ont donc
un jeu parfois presque funk, les guitares utilisent des effets plus funs...le
punk-rock se réinvente! Funk-punk, punk-disco, dance hardcore :
à vous de choisir le terme qui convient. En tout cas, même
si elle a, du coup, un aspect un peu trop homogène, cette compile
permettra tout de même de faire découvrir des groupes dans
le sillage de Radio 4, Pink Grease ou Yeah Yeah Yeahs, comme Whitey ou
Partchimp qui proposent là des morceaux intéressants. Par
contre, la pochette (ça se veut pop-art, je pense) est très
moche !
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V/A
"Sounds from an old country"
(Another rds 2xcd 31 titres)
Compilation pop, folk, new-wave, noise et post-rock sorti par le label
Another records. On y retrouve, comme souvent, du bon et du moins bon.
Pas vraiment le temps de tout décortiquer (désolé)
mais en général, on aurait préféré
une sélection plus homogène, et un peu moins de groupes
FM. Pour vous donner une idée, l'ensemble de cette compilation
reste très propre, rarement bruyant, et souvent bien exécuté.
On retiendra, entre autres, la complicité pop de Portugaal, la
noise de Gina Artworth, la sensibilité folk bancale de Lunt, le
postrock toujours très réussi de Grubby, le post-hardcore
de Naked même s'il n'est pas parfaitement en place et l'indus de
Tempus Fugit. Bref, pas de découvertes exceptionnelles mais un
bon moyen de découvrir une scène foisonnante avec toutes
ces diversités.
[mg]
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CZAPSKI
"s/t"
(rock'n'roll charity hospital 13 titres)
Originaires de Lille, Czapski se veut une formation en mouvement. Avec
un membre de Milgram en son sein, le groupe se veut plus proche du concept
de performance que de groupe rock a proprement parlé. Basé
sur l'improvisation noise, le groupe offre des concerts dans des endroits
non prévus à cet effet, réalise des ciné-concerts,
propose des performances de type "concerts poésie" ou
"théatre concerts", bref, évite le carcan du groupe
de rock. Pourtant, en contradiction avec ce sens de l'éphémère
et du moment présent, le groupe sort son premier album. Toujours
sur le même concept de liberté créative, le groupe
s'est enfermé une semaine dans un gîte avec quelques instruments.
Malheureusement, comme le concept même pouvait le laisser présager,
le résultat ne marquera pas les anales. Tout d'abord à cause
du son qui ne met pas vraiment en valeur la musique du groupe. Ensuite
parce que le fait même d'improviser rend le résultat mitigé
; les idées fortes qui pourraient tenir le disque se font rares,
la cohésion entre les nombreux instruments reste difficile et la
globalité se perd plus souvent qu'elle n'innove. L'auditeur patient
et curieux trouvera bien de très bonnes idées, et quelques
bonnes bases de morceaux qui demande à en savoir plus, mais, malheureusement,
il sera bien difficile de rentrer véritablement et profondément
dans ce disque. Mais le concept même auquel le groupe se limite
me semble en désaccord avec l'enregistrement d'un album
tout
simplement parce que la musique de Czapski est plus un support à
des images, du théâtre ou de la poésie, et qu'elle
a bien du mal à exister seule. Reste à voir le groupe live,
dans son univers, pour vraiment découvrir sa créativité.
[mg]
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