www.tang.fr.st

disque bientôt disponible
sur notre catalogue

TANG "This quietness booms about on the walls like birds in panic"
(Emolution – 8 titres)
Après les échos flatteurs qu'avait reçus leur démo, ce premier album de Tang suscitait obligatoirement chez nous une curiosité importante. Et les espoirs que beaucoup mettaient en eux ne seront, après écoute, certainement pas déçus : Tang prend directement le haut du pavé d'une scène emo-noise qui commençait à s'essouffler. Le groupe ne choisit pas pour cela d'innover, et c'est là notre plus grand regret, mais simplement d'exploiter à nouveau une formule qui a fait ses preuves, et le faire avec talent. Tout au long de cet album, le groupe alterne des passages clairs et posés, avec de belles guitares, et des déferlantes de décibels plus noise. Le travail d'arpège des guitares est souvent excellent (le début de 'She died in june", celui de "Vegas of fears", etc.). L'instrumental "Tour de force", basé sur une dualité poussée, représente merveilleusement cette alternance. Même principe aux niveaux des voix qui s'entrechoquent entre parties chantées et cris saturés. La voix saturée me gêne terriblement, pas vraiment pour sa colère mais tout simplement à cause de l'effet de saturation que je trouve très mal choisi (trop froid, trop numérique). Pour le reste, Tang déploie une grande aisance, un talent indéniable, et une bonne production pour imposer d'emblée son style. Du coup l'intensité du disque atteint un niveau troublant, et place ce premier album au-dessus de ceux de la plupart de ses confrères. Bref, un disque très réussi même si je persiste à croire que le groupe pourrait aller encore plus loin en oubliant certaines habitudes prises par ses aïeux. La force de leurs parties calmes, par exemple, me semble plus impressionnante que leurs explosions, elles aussi réussies mais souvent plus classiques… En attendant, Tang devient le poulain à suivre pour tous les amateurs du style, en manque depuis quelques longues années.
[mg]

>> Voir aussi : Native Nod, Pregnant

 

 

 

www.thisbrightapocalypse.com

THIS BRIGHT APOCALYPSE "Motion and Rest"
(54°40 or Fight! – 10 titres)
Formé en 1996, ce groupe du Wisconsin sort aujourd'hui son premier album officiel sur le très prolifique label 54°40 or Fight, après un album CD-R en 1999. Et dès le premier titre, on comprend que Bright Apocalypse joue avec les mélodies comme peu savent le faire. Le travail des guitares ou la batterie poly-rythmique cache bien un univers complexe, avec une approche mathrock / rock progressif, mais l'approche mélodique des voix, superbement touchante, et la trame pop des morceaux rendent définitivement la musique de ce groupe terriblement craquante. Et comment résister à ce groove captivant que le groupe arrive à insuffler à ces morceaux quand d'autres conceptualisent à outrance ? Peu importe, avec ce "Motion and Rest", TBA réunit la finesse de composition, l'ouverture sur le monde (avec de beaux passages aux percus africaines et asiatiques), la douceur, la liberté des groupes noise (ce qu'il est avant tout), un excellent travail vocal, et l'émotivité nécessaire à un bon album. Bref, voici un groupe rock qui ne s'enferme pas dans les préceptes dépassés du style dans lequel il évolue… Et cela ne peut que me toucher !
[mg]

>> Voir aussi : Faraquet, Hero of a Hundred Fights

 

www.settlefish.com

SETTLEFISH "dance a while, upset"
(deep elm – 10 titres)
J'ai découvert Settlefish lors de leur rapide passage en France, il y a quelques mois. Je ne connaissais rien d'eux, si ce n'est qu'ils venaient de Bologne, Italie, et qu'ils allaient sortir leur premier album chez Deep Elm. Je me souviens avoir été impressionné par la mise en place de leurs morceaux et la finesse de leurs émotions, et je me demandais ce que cela donnerait sur album. Avec l'arrivée de "Dance a while, upset", je peux enfin me faire une opinion. Et ce qui m'avait marqué en concert est bel et bien capturé sur ce disque. Une sensibilité fine et touchante qui virevolte entre une énergie noise dans les envolées, une émotivité à la Fugazi, des douceurs indie-pop plus qu'agréables, une technique idéale, des nuances subtiles et un touché unique teinté d'un lyrisme attachant. La voix, mise en avant, passe beaucoup d'émotion et donne une personnalité unique au groupe, même si certains risquent d'être déstabilisé par son approche particulière. Et si l'album manque peut-être parfois de solidité, la sensibilité à fleur de peau rattrape les quelques manques décelés ici ou là. Les guitares, cristallines à souhait, sont très fines, la basse soutient avec une grande habileté les ambiances, surtout dans les passages doux, et la batterie retient le tout avec délicatesse. Sans doute trop technique pour les amateurs de punk-rock et trop explosif pour les amateurs d'indie-pop, Settlefish devrait trouver son public grâce à une esthétique et une sensibilité assez rare dans ce style (malgré ce qu'on entend partout).
[mg]

>> Voir aussi : Fugazi, Plan for a Treacle IO, Karate, Isplidamour

 

THE LAWRENCE ARMS "The Greatest Story Ever Told"
(Fat Wreck Chords-14 titres)
Je dois bien l'avouer, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas intéressé au label californien Fat Wreck, en fait, il serait même plus juste de dire que je ne m'y suis jamais vraiment intéressé ! Le clonage, c'est pas trop mon truc et que ce soit du clonage de hardcore mélodique ne change pas grand-chose. Mais là, le label de Fat Mike remonte dans mon estime. Tout cela grâce à The Lawrence Arms ! Qui propose un punk-rock mélodique bien senti et fort efficace. Mais ne nous enflammons pas trop, qui manque tout de même d'originalité, il faut le dire. Alors pourquoi ce début de chronique si euphorique allez-vous me demander ? Je vous répondrai que je suis en manque de Jawbreaker. Mais il faut me comprendre, il y a de quoi ! Déjà huit ans que ce bijou de "Dear You" est sorti et puis plus rien… Alors, oui, c'est vrai, même si la musique de The Lawrence Arms est très influencée par Jawbreaker, ça fait quand même du bien. Ne boudons donc pas trop notre plaisir !
[sullivan]

>> Voir aussi : Jawbreaker

www.thedresscode.net

SIBYL VANE "Prêt à porter"
(autoproduction – 5 titres)
Dissimulé derrière un nom emprunté à une BD d'Enki Bilal, Sibil Vane risque de ne pas rester inconnu bien longtemps. Le groupe sort aujourd'hui officiellement son 5 titres "prêt à porter", déjà publié en CD-R l'année dernière. C'est à cette occasion que nous découvrons un quatuor (accompagné d'une personne à la vidéo) intéressant qui joue les équilibristes entre une pop recherchée, un post-rock rythmé, et des déviances electro sobres mais agréables. C'est d'ailleurs sur un instrumental de clavecin electro que s'ouvre cette reflexion sur "la dictature de la beauté". Le morceau est un peu long, mais l'entrée est réussie. La suite montre avec un très bon "Disligado" que la base de leur culture reste bel et bien rock. On est téléporté, avec grand plaisir, directement entre Chicago et New York. On peut même déceler la voix de Lydia Lunch sur la fin bruitiste du morceau. Sibyl Vane évolue dans une pop expérimentale défrichée par des groupes comme Radiohead ou A Certain Ratio, même si la mise en pratique reste différente. Une pop ouverte sur les ambiances étranges et la poésie mélancolique. Un équilibre précaire entre ouverture grand public et spécialisation élitiste. Et si tout n'est pas parfait (on regrettera un peu la longueur de certains morceaux), le mélange donne un résultat plutôt stable qui nous fait découvrir un groupe créatif et élégant. Deux qualités suffisamment rares pour être remarquées.
[mg]

>> Voir aussi : A Certain Ratio, Tortoise, Purr, Blonde Redhead, Sonic Youth, Salaryman (pour "Your Weight")

STRIKE ANYWHERE "Exit English"
(Jade Tree-12 titres)
Il lui a fallu quelque temps pour digérer sa période émo (qui, après des débuts excitants s'est malheureusement auto-parodié) mais le rock indé américain semble bel et bien être en train de se renouveler. Et Strike Anywhere en est l'un des signes. Et ce "Exit English" avec. L'album tient sa réussite de sa capacité à faire des compromis et à tirer les leçons du passé. Refusant l'attaque frontale, Strike Anywhere préfère proposer un punk-rock aux aspects variés. Il peut être touchant et mélodique, façon Samiam, avec un chant qui garde alors des traces émo, mais sait aussi se faire plus brut, à la Pennywise avec chant rauque à la Hot Water Music (c'est pratiquement une marque déposée maintenant...) et chœurs old school virils à l'arrière. Vous l'aurez compris, Strike Anywhere s'inscrit dans la lignée des grands frères mais le fait avec sincérité. Un album intelligent.
[sullivan]

>> Voir aussi : Pennywise, Samiam

 

Sonic Mook Experiment "Hot Shit"
(Blast First- 24 titres)
Cette compile propose un panorama assez complet de la nouvelle scène punk- disco qui monte. La démarche de ces groupes est relativement simple : continuer à faire la musique qu'ils aiment : du punk-rock, souvent, tout en essayant d'y réintroduire un côté festif et en faisant danser les gens. A cet égard, le titre du tube de Radio 4 est une véritable déclaration d'intention : "Dance To The Underground". Tout est dit! Les basses ont donc un jeu parfois presque funk, les guitares utilisent des effets plus funs...le punk-rock se réinvente! Funk-punk, punk-disco, dance hardcore : à vous de choisir le terme qui convient. En tout cas, même si elle a, du coup, un aspect un peu trop homogène, cette compile permettra tout de même de faire découvrir des groupes dans le sillage de Radio 4, Pink Grease ou Yeah Yeah Yeahs, comme Whitey ou Partchimp qui proposent là des morceaux intéressants. Par contre, la pochette (ça se veut pop-art, je pense) est très moche !

 

V/A "Sounds from an old country"
(Another rds – 2xcd – 31 titres)
Compilation pop, folk, new-wave, noise et post-rock sorti par le label Another records. On y retrouve, comme souvent, du bon et du moins bon. Pas vraiment le temps de tout décortiquer (désolé) mais en général, on aurait préféré une sélection plus homogène, et un peu moins de groupes FM. Pour vous donner une idée, l'ensemble de cette compilation reste très propre, rarement bruyant, et souvent bien exécuté. On retiendra, entre autres, la complicité pop de Portugaal, la noise de Gina Artworth, la sensibilité folk bancale de Lunt, le postrock toujours très réussi de Grubby, le post-hardcore de Naked même s'il n'est pas parfaitement en place et l'indus de Tempus Fugit. Bref, pas de découvertes exceptionnelles mais un bon moyen de découvrir une scène foisonnante avec toutes ces diversités.
[mg]

 

contact : clussec@aol.com

CZAPSKI "s/t"
(rock'n'roll charity hospital – 13 titres)
Originaires de Lille, Czapski se veut une formation en mouvement. Avec un membre de Milgram en son sein, le groupe se veut plus proche du concept de performance que de groupe rock a proprement parlé. Basé sur l'improvisation noise, le groupe offre des concerts dans des endroits non prévus à cet effet, réalise des ciné-concerts, propose des performances de type "concerts poésie" ou "théatre concerts", bref, évite le carcan du groupe de rock. Pourtant, en contradiction avec ce sens de l'éphémère et du moment présent, le groupe sort son premier album. Toujours sur le même concept de liberté créative, le groupe s'est enfermé une semaine dans un gîte avec quelques instruments. Malheureusement, comme le concept même pouvait le laisser présager, le résultat ne marquera pas les anales. Tout d'abord à cause du son qui ne met pas vraiment en valeur la musique du groupe. Ensuite parce que le fait même d'improviser rend le résultat mitigé ; les idées fortes qui pourraient tenir le disque se font rares, la cohésion entre les nombreux instruments reste difficile et la globalité se perd plus souvent qu'elle n'innove. L'auditeur patient et curieux trouvera bien de très bonnes idées, et quelques bonnes bases de morceaux qui demande à en savoir plus, mais, malheureusement, il sera bien difficile de rentrer véritablement et profondément dans ce disque. Mais le concept même auquel le groupe se limite me semble en désaccord avec l'enregistrement d'un album… tout simplement parce que la musique de Czapski est plus un support à des images, du théâtre ou de la poésie, et qu'elle a bien du mal à exister seule. Reste à voir le groupe live, dans son univers, pour vraiment découvrir sa créativité.
[mg]

 

 

 

 

>> Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions à :
>> If you want to be reviewed here, send your promotionnal stuff to :
>>
Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
>> 51, rue Paul Vaillant Couturier - 92240 Malakoff - France

positiverage@hotmail.com

<< home
<< reviews