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THE THIRD EYE FOUNDATION
The Dark
ici d’ailleurs
10 ans (depuis le très beau "Little Lost Soul" sorti chez Domino, en fait) que The Third Eye Foundation n’avait pas sorti d’album ("I Poopoo On Your Juju", sorti en 2001, était une compilation de remixs). Le temps d’une parenthèse. D’une recherche introspective, d’une quête identitaire de Matt Elliott qui a pris la forme d’une trilogie (les "Songs") sortie sous son propre nom. Le temps aussi de prouver -et peut-être de SE prouver- que derrière les machines il y avait bien un compositeur. Des émotions. Des sentiments. Le défi relevé, Matt Elliott peut désormais revenir à ses premières amours.
Intitulé "The Dark", ce nouvel opus de The Third Eye Foundation garde cependant des traces ("stigmates" serait peut-être plus approprié) de ce chapitre de folk urbain sombre. Ce qu’annonce d’ailleurs d’emblée l’artwork fort et expressif une nouvelle fois signé Uncle Vania. Bien sûr, The Third Eye Foundation oblige, rythmiques drum and bass et dub font un retour en force mais l’on retrouve l’influence slave -dans ces chœurs tragiques ou les instruments à cordes- ainsi que les ambiances noires, désespérées (la pochette présente tout de même un cerf qui s’empale sur un arbre et le titre de l’album est "The Dark") déjà présentes sur les albums signés Matt Elliott.
"The Dark" est une symphonie électro-folk-noise plus torturée que jamais de laquelle des mélodies parviennent à s’extirper bien plus souvent qu’auparavant. Une longue complainte mêlant instruments classiques (piano, cuivres et cordes joués par Louis Warynski de Chapelier Fou et Chris Cole de Manyfingers) et rythmiques digitales virant parfois au maelström sonore et qui s’enfonce loin dans les ténèbres du monde. Au risque peut-être de ne pouvoir en revenir. Une vision âpre, sans concessions. Du coup, l’album, intense et parfois bruitiste, ne se laisse pas amadouer facilement, d’autant qu’il peut être un brin éprouvant sur la longueur. Mais il frappe indéniablement par sa singularité.
[sullivan]
+ voir aussi : Starfish Pool, Matt Elliott
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