SUR LA
PLATINE
[mg]
JESUS LIZARD
goat
BLACK ANGELS
ghost
TELEVISION
marquee moon
FUGAZI
red medecine
HELIOGABALE
blood
[chris]
LUNGFISH
talking songs for walking + rainbows from atoms
MI AMI
watersports
THOM YORKE
the eraser
MASAKARI
the profit feeds
[sullivan]
BLACK EYES
s/t
AMPARO SANCHEZ
tucson-habana
KIMMO
bolt and biscuit
THE CAPITOL CITY DUSTERS
rock creek
CRIPPLED BLACK PHOENIX
I, vigilante
(Invada)
On dirait un gros plan sur la pochette de 'Down' l'album (pas si) renversant de The Jesus Lizard. Ou encore le loup de Neurosis sur l'artwork de 'Times of Grace'. Mais non. Cette formation britannique réunie autour de Justin Greaves (ex-Electric Wizard) n'a rien à voir avec les groupes cités au-dessus. Elle surprend par son côté difficilement saisissable, par son pedigree particulièrement hybride. Tantôt ceci mais jamais cela, cet univers sombre assez filmique, souvent atmosphérique et aussi parfois très terre-à-terre nous emmène vers un post rock ambient aux forts relents rock progressif. Alors c'est sûr, ce 'collectif' à géométrie variable met souvent les petits plats dans les grands (instrumentation riche voire 'symphonique') mais il sait aussi faire presque simple (la ballade noire 'Bastogne Blues'). Il construit ses longs paysages avec patience, utilisant souvent le piano comme point d'ancrage, maîtrisant bien l'art du crescendo prenant et émouvant. Les cinq titres s'étirent en dévoilant un bon fil narratif et ce malgré la surexploitation de quelques ritournelles mélodiques (le piano de 'Fantastic Justice'). Le chant masculin ou féminin n'en dit jamais de trop et sait parfaitement rester discret. Tout ça pourrait nous faire penser aux oeuvres de certains groupes de chez Constellation, à celles de Mono, Mogwaï mais on n'y est pas vraiment. Et puis surtout il y a cette approche prog-rock surprenante sur 'Of a Lifetime' et 'Troublemaker', tous ces solis de gratte (mais qu'ont-ils tous à se prendre pour Yngwie Malmsteen de nos jours?) qui bousculent un peu le décor. Séparément, les morceaux sont vraiment bien écrits, bien exécutés, bien produits. Ils dégagent tous quelque chose de fort (mon préféré étant 'We Forgotten Who We Are') mais l'album manque parfois d'unité et d'homogénéité (ne faites surtout pas attention au morceau caché façon Bande à Basile (?)). Défaut de jeunesse? Pas vraiment. On leur souhaite juste de continuer à expérimenter, à montrer autant de liberté artistique en pensant à mieux équilibrer les éléments et en affirmant une plus grande identité musicale. Tout doux le chienchien!
(chRisA)
+ voir aussi : Mono, Mogwaï
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