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WOVEN HAND
the threshingfloor
(Glitterhouse)

'The Threshingfloor' ou le sixième chapitre de l'évangile selon David Eugenes Edwards. Deux ans après un 'Ten Stones' assez rock dans l'ensemble, le pélerin et son acolyte Pascal Humbert (Lilium) signent leur retour, qui plus est, sur Glitterhouse Records, le label même qui avait sorti en Europe les productions de SIXTEEN HORSEPOWER. Dès les premières notes, les premières ambiances, on est en terre connue. Et, rassurez-vous, toute sainte qu'elle est, elle n'a jamais été le terrain d'un rock chrétien enclin à une forme de prosélytisme. WOVEN HAND est un pélerinage intimement spirituel. Un voyage intérieur. Une quête si personnelle que l'auditeur ne pourra sans doute jamais comprendre tant ce passionné incarne ce qui sort de sa guitare, de sa bouche, de son esprit. Le fan et le novice n'ont qu'à se laisser porter par ce rock-folk aux contours plutôt ésotériques. Il n'y a qu'à écouter le deuxième morceau, porteur du titre de cet album, pour s'émerveiller devant les influences : amérindiennes, africaines, médiévales ? L'album est lancé avec son lot d'instruments traditionnels, exotiques, classiques et modernes. De cette instrumentation richement élaborée se dégagent une chaleur et une humanité touchantes. Le groupe, s'il ne laisse entrevoir aucune révolution continue à s'aventurer. Beauté sauvage et tribale sur 'Raise Her Hands'. Attachement à la terre pour tous ces morceaux dark folk ('His Rest', 'Orchard Grove' entre autres) qui retiennent toute leur part de mystère. Et quand c'est Pascal Humbert qui signe la musique ('Singing Grass'), ça ne change rien. La complicité (et complémentarité ?) des deux hommes s'épanouit autant dans la lumière que dans la pénombre du soleil et de la nuit de leurs âmes. Dans cette atmosphère, 'Truth', la reprise de NEW ORDER s'incorpore totalement au reste et brouille encore plus les pistes. Frissons garantis. Pas nécessairement graves, noirs ni solennels, les morceaux vivent et s'élèvent comme cette flûte d'un berger hongrois sur 'Terre Haute'. Souffle d'oiseau, animal tant aimé par David E. Edwards. Rythmiquement parlant l'album est bien équilibré ne souffrant jamais de baisses ni de moments ennuyeux. 'The Threshingfloor' s'écoute d'un trait. Un tout cohérent au son pertinent qui invite toujours à y retourner pour encore mieux se glisser au coeur de ces ambiances mélodiques et sobrement arrangées. Cohérence un peu mise à mal néanmoins sur la fin. L'album se termine sur un court interlude instrumental dispensable ('Wheatstraw') et sur un rock direct ('Denver City') qu'on imagine bien danser dans un bouge populaire de la capitale du Colorado, fief du songwriter. Mais Saint-Augustin n'a-t-il pas dit "Aimes et fais ce que tu veux."? Si 'The Threshingfloor' laisse l'impression de déjà-entendu, ce nouvel album n'en reste pas moins de très bonne facture. Poussez les portes et franchissez le seuil....into the heart of dark and light folk...
[chRisA]

+ voir aussi : Sixteen Horsepower

 


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