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GRAILS
doomsdayer's holiday
(tempory residence)

Ceux qui lisent régulièrement Positive Rage savent combien les groupes metal et les néo-progressistes pillant maladroitement les années 70 peuvent me gonfler… Et bien "Doomsdayer's Holiday" pourrait bien être l'album qui me fasse réviser mon jugement. Car Grails possède tout ce qui me fait fuir chez les autres : de cette culture metal, aux délires cosmiques. Et pourtant, les quatre hippies nous pondent là un album réussi, qui arrive à me causer… C'est ce qu'on doit appeler le talent ! On n'est pas loin de la catastrophe, et pourtant, chez eux, les ambiances sombres vous enveloppent sans devenir ennuyeuses, les riffs de guitares jouent leur rôle sans overdose, et les influences orientales apportent une couleur inspirée aux compositions… Mêmes les grandes envolées pompeuses, nombreuses, deviennent digestes. On a envie de se prendre au jeu, de lever notre glaive et de partir à la conquête des fantômes ! Car les quatre n'y vont pas de main morte. Ça tripe sévère, entre fresque épique et fumée de cannabis… Pas besoin de naître allemand pour jouer les Amon Düül ! Le mauvais goût n'est jamais bien loin, mais que voulez-vous, Grails possède suffisamment de dextérité pour nous faire adhérer à leur trip et leurs excès… quand les autres pompent sans comprendre l'essence des groupes krautrock, eux nous donnent l'impression de revivre les expériences des seventies (voir des sixties). On se croirait à Pompéi pour le concert filmé de Pink Floyd… dans les parties ambiantes c'en est même plus que flagrant. À d'autres moments, c'est aux enregistrements d'Amon Düül II qu'on touche. Bon, la fin de l'album (Acid Rain), bien mièvre (même si Pink Floyd aurait pu l'écrire), aura tendance à nous achever, mais l'exploit de me faire apprécier un tel disque sorti après 1975 est si rare que j'ai envie de ne pas leur en tenir rigueur… En plus, cette fin, au demeurant assez jolie, finit assez adroitement l'album… Et si je me laissais pousser les cheveux moi !
[mg]

+++ voir aussi : Amon Düll 2, Pink Floyd, Tortoise

 


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