| | Tortoise "Standards" (Thrill jockey / Warp records - cd 10 titres) Plus mature que jamais, le grand groupe de Chicago nous revient après trois ans de silence avec ce quatrième album où l'expérimentation est de mise. Dés l'improvisation free-jazz de la première plage, on adore ou on déteste, le son explose littéralement (enregistré au studio de John Mc Entire, Soma) : la basse ronfle, la batterie n'en finit pas de rouler, et la guitare pose ses mélodies sur fond de reverb.On s'attend alors à un album déroutant et on se dit qu'on a pas finit de le découvrir tant il regorge d'idées. En effet, entre les plans free-jazz de "Seneca" , au passages presque acid-jazz de "Benway", en passant par les expérimentations technoïdes de "Monica", ou encore les morceaux plus calmes, ambient, tel "Firefly" ; seuls "Eden 2" peut nous remémorer les débuts du groupe. L'album est tellement riche et complexe que je ne suis pas étonné de le retrouver sur Warp. En fait, "Standards" pousse encore plus loin le travail commencé sur le précédent, "TNT", soit une exploration de territoires musicaux s'exprimant sous la forme d'une musique atypique (un magazine musical connu, que je ne nommerai pas, à réussi à dire de cet album que c'était du mauvais Frank Zappa, plutôt navrant n'est-ce pas ?). Tortoise prouve avec cet album qu'il sait évoluer dans d'autres sphères que celle qui lui était collé, le post-rock. Bravo. [Greg] Voir aussi :
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| | Lazzi "L'il extatique" (B pourquoi B - cd 13 titres) Si la déferlante Louise Attaque ne m'a jamais captivé, j'espère tout de même que Lazzi pourra profiter à juste titre de cet intérêt du public pour ces chansons "à la française". Parti d'une noisy-pop française en 1997, Lazzi s'oriente définitivement avec ce nouvel album vers une musique plus accessible, plus française, plus textuelle. Cependant, comme le laisse présager la pochette de l'album proche des productions electronica, le duo lillois ne joue pas la carte du passéisme d'inspiration Brel, mais continue à travailler sur une musique moderne et des structures contemporaines. Certes, les textes en français prennent une part importante des chansons de Lazzi et le travail sur les mots est important, comme le veulent les règles du style, mais le respect des codes de la musique à texte s'arrête là. Les thèmes abordés semblent subtilement sociaux et cyniques. Une critique acide d'un monde de plus en plus académique, toujours à la course au profit. Et musicalement, si le duo rend cet album plus accessible, il n'en reste pas moins pointu. Leur voyage traverse les pays et les modes pour prendre là où elles se trouvent les influences utiles à leur création. Benoît et Éric piochent arbitrairement dans le jazz (majoritairement), la trip-hop, la noisy, l'electronic ou même la samba pour arriver à une version réellement contemporaine de la chanson française. Enfin une approche intéressante d'un style trop souvent conventionnel et terriblement pauvre au niveau de la créativité. [mg] Voir aussi :
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| | Kabuki Buddah "s/t" (autoproduction - cd-r 5 titres) Malgré un son qui met difficilement en valeur leur musique, ces 5 titres nous prouvent tout de même que ces lyonnais ont dû avaler quelque chose de traviole avant l'enregistrement ! Des barjots de la sorte, on n'en croise pas tous les quatre matins ! Mais des barjots qui ont avalé un truc de travers et qui arrivent à nous faire sauter sur place avec des similis chansons, cela devient vraiment rare. Pour vous présenter ceux-là, disons que derrières des structures pas encore très en place, quelques plans plus que douteux et un son terriblement mauvais, Kabuki Buddha mélange la créativité de The Ex, l'anti-conventionnel du punk, le mysticisme de la musique tibétaine, le mauvais goût de l'alternatif, l'humeur des musiques festives, et la liberté de la noise. Bref, c'est un peu comme leur fanzine (La chose), inécoutable et grandiose ! Un peu ce qu'on pourrait dire de génies comme Dali (à méditer)
[mg] Voir aussi : Knick Knack Paddywhack, God Is My Co-Pilot |
| | Maria Blonde "démo" (autoproduction - cd 10 titres) Voilà plusieurs mois que nous avons reçu ce CD démo, mais allez savoir pourquoi, il est passé entre nos filets depuis tout ce temps. Car si Maria Blonde n'a pas encore trouvé ses réelles ressources, le groupe s'inscrit assez aisément dans cette tradition de groupes d'inspiration hardcore qui s'ouvrent vers d'autres émotions (même si l'aspect sombre et rageur est majoritairement représenté). Les compositions manquent encore de finesse, et le groupe se démarque trop peu souvent de ses confrères encore à l'étape de la démo ; cependant, malgré quelques clichés hardcore légèrement dépassés, ou quelques simplicités mélodiques, Maria Blonde garde le mérite de toucher à un style qui a vu naître une tripotée de grands groupes. Et quand la sauce prend, l'auditeur se retrouve agréablement surpris par de bonnes trouvailles émotionnelles. [mg] Voir aussi : Enough, Keneda, Sleeppers (du début) |
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