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Bouncer. 6. La veuve noire
Boucq/Jodorowsky
les humanos

Depuis la mort de son père, White Elk, le Bouncer est devenu le gardien du territoire sacré des Nacaches. Aussi, quand il apprend que Gallagher, un ex-soldat devenu chef d’une bande de mercenaires, a fait envoyer un chariot de whisky à la réserve des indiens afin de les saouler pour les exterminer plus facilement ensuite, il s’empresse d’aller les prévenir de l’imminence du danger. Ce Gallagher est en fait à la botte d’une veuve, riche héritière qui veut utiliser sa fortune pour mettre la main, par tous les moyens, sur les terres de la région et, ainsi, devenir le maître de la province.
Le repos des braves ? Le Bouncer ne connaît pas ! Alors qu’il vient tout juste de mettre hors d’état de nuire l’immonde Clark Cooper et sa bande (dans “La proie des louves”), il doit, au début de ce tome, prouver sa valeur et se montrer digne de son père au cours d’un combat contre un féroce guerrier indien avant de venir en aide à Sakajawea, la fille du chef, à deux doigts de se faire violer, et de finalement voler au secours de la tribu toute entière.
Vous le constatez, côté action, “La veuve noire” n’a rien à envier à ces prédécesseurs, tant le rythme y est une nouvelle fois soutenu. Pourtant, la première partie de ce nouveau diptyque laisse un sentiment mitigé. Car si l’on y retrouve les points forts de la série (dessin irréprochable de Boucq, héros attachant, description très réaliste de l’univers sans foi ni loi de la conquête de l’ouest, critique appuyée de la politique exterminatrice américaine des autochtones), le récit ne surprend guère, donnant même une nette impression de déjà-vu. Comme si Jodorowsky était ici en pilotage automatique, ne se donnant pas la peine de renouveler les thématiques de la série pour lui insuffler un bon bol d’air frais. Les nouveaux personnages en font notamment les frais : trop peu crédibles car trop caricaturaux (le meilleur exemple est indiscutablement Axe-Head, un vrai gros méchant qui a un fer de hache enfoncé dans le crâne que l’on ne peut retirer sous peine de le tuer…).
Espérons que ce ne soit qu’un coup de fatigue passager et que le Bouncer retrouve la forme pour la suite du diptyque…

[sullivan]

 

 


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