Pommes
d’amour. 7 love stories
collectif
delcourt
7. Elles sont 7 jeunes
auteures européennes. Et elles ont chacune 20 pages pour nous livrer
leur vision de l’amour. Voilà le concept de ce “Pommes
d’amour” qui propose, et c’est bien son intérêt,
7 récits dans des styles graphiques et narratifs très différents.
De la chronique aigre douce de l’enfance mise en images par le dessin
volontairement naïf de l’allemande Claire Lenkova à l’exploration
poétique de la chimie de l’amour entre 2 êtres selon l’espagnole
Paz Boïra (que l’on était curieux de retrouver ici même
si ce récit est un cran en dessous du très bon “Encore
un exemple où la vie est comme ça” paru au Frémok
en 2004) en passant par la nuit passée par l’héroïne
de “Basilic rouge” avec un prince charmant inattendu dans la cave
d’un hlm contée par la française Laureline Michon :
chacun devrait trouver son compte parmi ces histoires selon sa sensibilité
et son humeur.
Mais 2 récits tirent tout de même leur épingle du jeu.
Dans “Superflux”, le trait d’Ulli Lust, avant tout lisible
et spontané, n’est pas très novateur mais la rencontre
de 2 collègues quinquagénaires un peu fatigués qui ont
du mal à encore croire à l’amour qu’elle narre ne
manque pas de tendresse et de justesse. Quant à “Les moitiés”,
il ne propose rien moins que d’explorer ce qui se passe dans la tête
d’une jeune femme quand l’amour y pénètre. Une relecture
du mythe d’Aristophane (selon le poète grec, à l’aube
des temps, l’homme et la femme ne faisaient qu’un mais après
qu’ils essayèrent de prendre la place des Dieux, ils furent punis
par Zeus qui décida de les couper en 2, les condamnant ainsi à
errer sur Terre pour retrouver leur moitié afin de recouvrer la plénitude
de leur être) à la fois sensible et drôle signée
Elodie Durand.
Un recueil qui s’avère au final assez inégal mais qui
permettra au lecteur de découvrir ces 7 jeunes auteures dont on entendra
certainement parler dans un avenir proche. Une initiative à saluer.
[sullivan]