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Pierre qui roule
Lax/Westlake
casterman

John Dortmunder vient de passer 4 ans en prison. A peine a-t-il eu le temps de sortir (et de s’envoyer en l’air avec une jolie métis) que Kelp lui propose “le coup du siècle”. Hésitant de prime abord, Dort’ ne tarde cependant pas à replonger (la vente d’encyclopédies en porte à porte, c’est pas vraiment pour lui…) et à préparer ce nouveau casse à 150 000 dollars. Cette fois, il s’agit de dérober le clou d’une exposition d’art africain à New-York : une grosse émeraude que 2 pays du continent noir se disputent, question de suprématie régionale.
3 complices, une stratégie osée, un timing millimétré : le plan de Dort’ semble comme à l’accoutumée (sauf la dernière fois, “ça a merdé” dit-il) parfait. C’était sans compter sur l’alarme de la vitre blindée qui protégeait le fameux caillou…
“Pierre qui roule” a la couleur du roman noir, il en a le goût et l’apparence mais ce n’est pas un roman noir. On ne le comprend pas tout de suite car au départ tout donne l’impression que l’on va de nouveau avoir droit à un polar avec option braquage. Mais, petit à petit, ce que l’on pressentait, avec cette histoire farfelue de pays africains rivaux, le Talabwo et l’Akenzi et l’humour du major Iko (cette tête…), se confirme et le décalage se fait de plus en plus net. Car, bien sûr, vous l’avez deviné, rien ne va se passer comme prévu. L’échec d’un braquage va entraîner un nouveau plan, de nouveaux besoins en matériel (d’abord des uniformes, ensuite un camion, puis un hélicoptère et enfin une locomotive), des rallonges de salaire et de nouveaux braquages…5 en tout et beaucoup de rebondissements, manipulations et autres trahisons, avant que notre fine équipe ne mette enfin la main sur la fameuse émeraude.
Avec “Pierre qui roule”, Westlake s’est amusé comme un petit fou avec les codes du genre sans jamais les prendre au sérieux et Lax ne s’est bien entendu pas fait prier pour l’adapter (et on comprend pourquoi puisqu’on est ici pas très loin de l’univers de sa série “Le choucas”, notamment dans le ton) de son dessin pince sans rire (ah ces trognes…) qui souligne encore le second degré de l’ensemble.
Un petit polar frais et malicieux comme on les aime.

[sullivan]

 

 


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