Couleur
de peau : miel” (tome 2)
Jung
quadrants
Jung, à qui l’on
doit notamment “Okiya” ou “Kyoteru” (sortis chez Delcourt),
a été adopté à l’âge de 5 ans. Né
en Corée, il fût abandonné par sa mère près
d’un marché de Séoul avant d’être recueilli
et élevé par une famille belge. Si l’on sent dans toutes
ses œuvres précédentes son attirance, mêlée
de curiosité, pour sa culture et son pays d’origine, l’auteur
n’est pourtant encore jamais retourné en Corée. Il ne
se sentait pas prêt. En lisant “Couleur de peau : miel”,
on comprend pourquoi.
Dans ce joli diptyque autobiographique, Jung raconte les nombreuses épreuves
rencontrées par les adoptés : le déracinement, les
pertes de repères, la difficulté d’être différent
des autres, le mal-être qui frise parfois le désespoir…A
coups de petites saynètes, tout à tour drôles ou plus
graves, il montre dans ce second tome comment il a vécu son adolescence
et les différentes phases psychologiques qu’il a traversées.
De son incapacité à avoir une relation avec une fille au rejet
initial de ses origines en passant par la découverte de sa passion
pour le dessin, Jung se dévoile sans fausse pudeur. Histoire, peut-être,
d’être enfin au clair avec son passé et sa double culture.
Histoire aussi d’apporter un témoignage sur ce qu’il a
vécu afin d’aider adoptés et familles adoptives à
mieux se connaître et se comprendre.
Même si certains chapitres auraient mérité d’être
approfondis, “Couleur de peau : miel” est un roman graphique
assez attachant qui a le mérite de parler d’un sujet rarement
abordé en bandes dessinées et qui a, surtout, trouvé
le ton juste (touchant, tout en évitant le pathos, grâce à
ce dessin léger et à ces petites touches d’humour) pour
le faire. Une belle surprise.
[sullivan]