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Je t’ai aimé comme on aime les cons
Fonollosa/Giménez
dargaud

“Pour mieux supporter la douleur de ton absence, tu peux me laisser la télé ?” Voilà comment une relation amoureuse de 4 ans prend fin. Voilà ce que Pedro demande à Miranda lorsqu’elle lui annonce qu’elle le quitte. Pathétique, superficiel, ridicule. A l’image finalement de ces quatre ans. Difficile d’ailleurs pour Miranda de les oublier. Même si c’est elle qui est à l’origine de cette rupture. Car une question la hante : comment a-t-elle pu se tromper à ce point ?
Alors elle repense aux premières difficultés de la vie commune à Valence : l’éloignement de sa famille, la promiscuité dans l’appartement qu’il fallait partager avec les colocataires, les galères financières…Elle revit les premières déceptions puis les premières trahisons de Pedro. Et ses promesses. Toujours ses promesses, qui l’ont poussée à lui donner de nouvelles chances.
Fonollosa et Giménez nous donnent à voir, au travers de ces constants va et vient entre passé et présent, la difficulté de se reconstruire pour Miranda, qui doit regarder vers l’avant mais ne peut s’empêcher de se replonger dans le passé. Le sujet, assez récurrent en littérature et en bande dessinée, aurait dû pousser les auteurs à choisir une voie singulière et personnelle pour conter cette histoire. Malheureusement, mis à part dans quelques scènes où mimiques ou répliques font mouche, le duo espagnol peine à donner de la force et du souffle à leur récit. Du coup, “Je t’ai aimé comme on aime les cons” (ce titre…) ne parvient pas à dépasser le stade de la chronique sentimentale douce-amère sympathique mais dispensable. Dommage, le sujet méritait mieux.

[sullivan]

 

 


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