Garrigue
(première partie)
Corbeyran/Berlion
dargaud
Août 1999, dans
le sud de la France. Jean-François Redon marche sur le bord de la route.
Il vient de tomber en panne d’essence et se dirige vers la station service
la plus proche. Là, Frantz et sa petite amie sont en train de boire
un verre. Mais l’arrivée de l’homme au jerrycan semble
perturber Frantz. Il abandonne soudain la jeune fille, suit Redon jusqu’à
sa voiture, le tue de trois coups de fusil avant d’appeler un certain
Rémy pour lui demander son aide…
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce polar part sur les
chapeaux de roue. Pas de fioritures, pas de parlotes inutiles, le lecteur
est directement plongé au beau milieu de l’action. Corbeyran,
qu’il touche au fantastique, au thriller ou à la chronique sociale,
sait indéniablement y faire pour ferrer sa proie, je veux bien entendu
parler du lecteur. Bien sûr, ses œuvres sont parfois inégales
et n’ont pas toujours l’inspiration d’un “Abraxas”
ou la singularité d’un “Pest” mais elles ont toutes
un point commun : ce savoir-faire narratif évident.
Que notre homme met une nouvelle fois en œuvre avec “Garrigue”.
Dans cette première partie, qui vise à planter décor
et personnages, le scénariste prend un malin plaisir à distiller,
avec parcimonie bien sûr, à coups de flashbacks, des indices
pouvant expliquer le meurtre inaugural du récit et des indications
éclairant des facettes de la personnalité des protagonistes.
Par exemple, le lecteur en apprend un peu plus sur Martial, gendarme à
la retraite, et comprend que c’est un sentiment de culpabilité
qui le pousse à enquêter sur ce crime. Mais la dernière
page tournée, il lui faut se rendre à l’évidence :
il devra bel et bien patienter jusqu’à fin août et la sortie
de la seconde partie pour savoir qui était ce Redon et la nature du
trafic de Frantz et de ses acolytes.
Bref, les ficelles de ce thriller campagnard sont classiques mais elles fonctionnent
parfaitement.
[sullivan]