Les
seins de café
Servais
dupuis
Début du XXe siècle.
Victor vit seul dans la forêt ardennaise. Il y est contrebandier. Avec
sa belle, Hélène, il tente chaque soir de déjouer les
pièges des douaniers, “les noirs” comme ils les surnomment,
pour passer la frontière belge avec du café, du beurre ou du
jambon. Puis quand vient la guerre, ce sont les soldats allemands qu’il
a à ses trousses, pour l’empêcher de faire passer des messages
pour l’armée française, avec la belle Lina.
Les Ardennes, la forêt, la campagne et ses us et coutumes. On retrouve
dans “Les seins de café” les lieux chers à Jean-Claude
Servais qui lui servent de décor à ses histoires teintées
de tragédie mettant en scène des marginaux, des exclus dont
la vie est jalonnée d’épreuves, de déchirures et
de drames. Comme à son habitude, l’auteur propose un récit,
classique dans sa forme narrative et son dessin mais très maîtrisé
et rythmé, dans lequel il pointe du doigt les aprioris et l’hypocrisie
de la société tout en défendant les non-conformistes
et les victimes de rumeurs ou superstitions.
Bref, vous l’avez compris, cette intégrale des “Seins de
café” est un Servais pur jus, sans grande surprise si l’on
connaît déjà l’auteur, c’est vrai, mais qui
fonctionne toujours aussi bien. Il a ce charme un peu désuet des vieux
contes et, comme eux, il est bien moins innocent qu’il n’y paraît
à première vue.
[sullivan]