Lettres
d’Agathe
Ferlut
delcourt
Agathe écrit à
sa mère disparue. Pour établir avec elle une communication qui
n’a jamais existé. Et pour comprendre. Comprendre pourquoi elle
n’a pas reçu son amour, au contraire de ses deux frères
et pourquoi elle était aussi sévère et exigeante avec
elle. Agathe se replonge donc dans son enfance pour faire parler certains
évènements clés afin d’essayer de percer le mystère
de cette femme qui, par fierté, cacha ses douloureux secrets jusqu’à
sa mort.
On pourrait croire ces “Lettres d’Agathe” autobiographiques
tant ce récit respire l’authenticité. Et pourtant, il
n’en est rien. Nathalie Ferlut s’est en effet inspirée
de la vie d’une ses amies pour nous conter cette introspection véritablement
poignante. Ce qui frappe, c’est le côté entier, presque
jusqu’au-boutiste, de ces lettres sans concessions qui n’épargnent
pas les deux personnages, que ce soit la mère, dépeinte comme
rigide et distante ou Agathe, complexée par son physique et qui a du
mal à vaincre ses démons.
Pour restituer cette plongée dans les souvenirs de l’enfance,
l’auteur a trouvé le graphisme qu’il fallait avec ce trait
au pinceau pas toujours net qui lui confère un aspect hésitant
aussi singulier qu’adapté.
Ces lettres, la mère d’Agathe ne les recevra jamais mais elles
auront permis à son auteur d’exorciser son passé. Et la
leçon de vie qu’elles contiennent devrait être lue par
un grand nombre de lecteurs. Cette œuvre touchante le mérite en
tout cas.
[sullivan]