La
pension du docteur Eon
Griffo/Cothias
le lombard
Accompagnée de
son assistant, Gabrielle Lange roule vers le nord de l’Ecosse en direction
de l’asile psychiatrique dirigé par le docteur Eon. Journaliste,
elle entend bien utiliser toutes les ficelles du métier pour y dénicher
scoops sordides et histoires à sensation afin de doper l’audimat
de ses émissions. Pourtant, à son arrivée, elle est plutôt
déçue car elle rencontre des pensionnaires qui ont l’air
aussi normaux qu’elle. Certains étaient même des figures
reconnues de la société : botaniste brillant, écrivain
à succès…Qu’est-ce qui peut donc bien expliquer
leur présence dans ces murs ?
Cela faisait longtemps que je voulais lire cette oeuvre de Griffo et Cothias.
Cette jolie réédition en intégrale dans la souvent intéressante
collection Signé m’en donne enfin l’occasion. Pour un sentiment
plus que mitigé. Car si l’on ne peut qu’adhérer
au message des auteurs : le fou n’est pas forcément celui
que l’on croit, on a tous une part de folie en nous, la folie est parfois
proche du génie…le scénario manque cruellement de subtilité
et les personnages de nuance : la journaliste est capable de tout pour
un scoop, les villageois sont des beaufs racistes et violeurs à l’occasion,
l’asile se trouve dans un manoir lugubre au fin fond de l’Ecosse
et le docteur a une tête de savant fou…Quant au dessin de Griffo,
il est malheureusement ici trop froid et trop académique pour être
en symbiose avec le thème principal de l’intrigue. Il y a bien
quelques trouvailles loufoques sympathiques sur la fin mais dans l’ensemble
cet éloge de la folie ne convainc guère.
[sullivan]