Le
combat ordinaire T.4 : Planter des clous
Larcenet
dargaud
Ca y est, Larcenet l’a
annoncé : “Planter des clous” sera bel et bien le
dernier tome du “Combat ordinaire”. Bien sûr, on ne peut
être que triste d’apprendre la fin d’une histoire si forte
et si intelligente. Mais on peut aussi se réjouir que l’auteur
boucle cette série existentielle en beauté, avec ce tome 4 tout
aussi inspiré que les précédents, évitant ainsi,
peut-être, de se répéter par la suite. On y retrouve Marco.
Qui a maintenant une petite fille. Preuve que notre héros a vaincu
sa peur de la paternité. Mais l’éducation de Maud réserve
quelques surprises au papa qui se retrouve un peu trop souvent à son
goût dans le rôle du méchant qui dit toujours non. Il y
a aussi le boulot de photographe pour le journal, la maison à la campagne
et le chantier naval où les gars l’ont appelé pour couvrir
leur grève en réaction au plan social qui prévoit le
licenciement des 1232 “métallos”. Sans oublier son psy,
Emilie, Franck, son collègue aigri et les élections présidentielles…
“Le combat ordinaire” est fait de petits riens. Mais de petits
riens qui nous parlent. Au plus profond de nous-mêmes. De la vie. Des
malheurs qu’elle ne manque pas de semer sur notre chemin et des souffrances
qu’elle engendre. Des petits plaisirs qu’elle offre (le sourire
d’un enfant au réveil, la saine révolte d’une mère
contre sa ville qui refuse qu’elle peigne ses volets de la couleur qu’elle
avait choisie ou le retour des hirondelles en nombres…) et qu’il
faut saisir lorsqu’ils se présentent.
“Le combat ordinaire”, c’est le mélange du trivial
et de l’incontournable, de réflexions quasi-philosophiques sur
notre société et de balades en forêt pour observer les
écureuils, de moments de bonheur et de rendez-vous chez le psy. C’est
aussi et surtout un ton juste sachant aborder des sujets graves sans pathos
et des sujets plus légers avec sensibilité. Pas étonnant
donc que “Le combat ordinaire” soit l’une des séries
les plus marquantes de ces dernières années. Respect !
[sullivan]