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Les cinq conteurs de Bagdad
Vehlmann/Duchazeau
(dargaud)
Vous aimez que l’on vous raconte des histoires ? Cela tombe
bien, le calife de Bagdad aussi. A tel point qu’il eût l’idée,
il y a bien longtemps, d’organiser un grand concours du meilleur
conteur. Les règles étaient simples : 1001 candidats,
aucun désistement possible à part si l’on se fait
remplacer, 3 ans pour se préparer, la richesse pour le meilleur
des conteurs et la mort pour le plus mauvais. Ahmed, le jeune fils du
calife qui partage avec son père le goût des contes, réunit
alors les 4 meilleurs orateurs de la ville : Nazim, qui travaille
sur les marchés ; Anouar le subversif ; Tarek, qui est
l’élève d’Anouar et ne s’est pas inscrit
au concours et le mystérieux Wahid, dont personne ne sait rien.
Et leur propose de les emmener faire le tour du monde, tous frais payés,
pour entendre les histoires les plus extraordinaires qui existent pour
ensuite revenir s’affronter à la loyale. Débutent
alors les mémorables péripéties de notre fine équipe…
Sur leurs traces, le lecteur entend toutes sortes de récits :
celui de Jésus revisité par l’idiot d’un village,
celui des sanguinaires disciples du chef de la secte des assassins dont
on dit qu’ils ne craignent ni les blessures ni le poison, la plus
ancienne fable du monde racontée par une tribu cannibale ou encore
des histoires à croquer, douces et sucrées…Ce périple
permet aux personnages et, bien sûr, à Duchazeau et Vehlmann,
de réfléchir sur l’art du conte : ce qui fait
le sel d’une bonne histoire, sa portée, les dangers de la
virtuosité, la censure, les limites de la subversion…
Choisir comme thème central “l’art de raconter”
était carrément casse-gueule tant la planche semblait savonneuse,
mais notre duo magique s’en tire une nouvelle fois avec brio. Attendu
au tournant, Fabien Vehlmann offre ici une narration gigogne d’école
magistralement maîtrisée de bout en bout qui réunit
tous les ingrédients qu’une bonne histoire doit posséder :
de l’aventure, du mystère, de l’humour, de l’inventivité
et, last but not least, une complicité, un jeu avec le lecteur.
Quant à Franz Duchazeau, depuis le superbe “La nuit de l’inca”,
chacune de ses sorties confirme l’excellence de son dessin.
Sans lire dans les marcs de café, on peut aisément prédire
un grand succès à ces “Cinq conteurs de Bagdad”.
C’est écrit. Forcément…
[sullivan]
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